LE BOIS EN RÉHABILITATION /RÉNOVATION

UNE RÉPONSE FACE AUX ENJEUX DE LA DENSITÉ URBAINE ET DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE  

Le bois s’impose de façon récurrente dans les opérations de rénovation et de réhabilitation urbaine. Ce n’est pas sans raisons. Qu’il s’agisse de maisons individuelles, d’immeubles collectifs, d’ouvrages tertiaires, de lieux d’enseignement, d’hôtels… le bois s’impose par sa rapidité de mise en œuvre, par son adaptation aux parcelles les plus difficiles, par ses qualités d’isolation thermique, par sa légèreté et par sa capacité d’adaptation à d’autres matériaux.

Contexte et perspectives 

La réhabilitation : un enjeu majeur pour les années à venir 
Le contexte est à la fois difficile et passionnant. La pression foncière reste une réalité dans la plupart des grandes agglomérations. L’absence de terrains disponibles, un niveau de construction neuve au plus bas, des contraintes administratives et réglementaires en hausse… alimentent le statu quo et le maintien de prix élevés dans l’existant. Depuis maintenant plusieurs années, les villes se développent sur elles-mêmes, par l’extension, la surélévation, ou la réhabilitation en profondeur d’ouvrages les plus variés. Pour les villes, l’enjeu de la réhabilitation est d’importance. On estime que 400 000 logements privés doivent être rénovés chaque année, auxquels s’ajoute le chiffre de 800 000 logements sociaux à réhabiliter en profondeur d’ici 2020. Les promoteurs et les prescripteurs doivent également s’adapter à l’évolution de la société. Le vieillissement de la population, la multiplication de foyers monoparentaux, un besoin accru de logements plus petits imposent des réflexions de fond de la part des aménageurs, des architectes et des bureaux d’étude.

Imagination et pragmatisme 
Ce contexte pousse les concepteurs et les entreprises à redoubler d’imagination. Il faut construire en hauteur, impacter au minimum le bâti, limiter les nuisances, intervenir rapidement, souvent dans des lieux habités ou en activité, le tout dans un environnement souvent contraint. A cela s’ajoute la nécessité de performances thermo-acoustiques d’un certain niveau, sans pour autant trop empiéter sur la surface habitable. Les bâtiments brûlent 43% de la consommation d’énergie du pays. La nécessité de faire baisser durablement la facture énergétique des bâtiments oblige parfois à des interventions lourdes, particulièrement en ce qui concerne le bâti des Trente Glorieuses (1945/1975), qui ne disposait d’aucune isolation, sans pour autant bénéficier des qualités d’inertie des constructions plus anciennes. Parmi eux, les 4,5 millions de logements sociaux en constituent une bonne part : ils abritent dix millions de personnes. Or beaucoup de ces logements ont également été construits avant 1975, hors de toute réglementation thermique.

Le bois, une réponse pertinente aux contraintes de la ville et de la densité urbaine 
Pour les municipalités, il s’agit d’inverser une tendance pernicieuse, qui a vu durant plusieurs décennies se développer l’appauvrissement des centres urbains au bénéfice de la périphérie. La lutte contre l’étalement urbain, l’évolution des mentalités, une évolution forte des modes de vie, moins de transports, plus de proximité… favorisent un retour progressif à la ville. Dans les opérations d’extension et de surélévation, le bois s’impose économiquement par des moyens de manutention réduits, un montage rapide, mais également dans l’absence de renfort des structures existantes, la légèreté des structures bois impactant de façon très réduite les ouvrages en place. L’économie, c’est aussi la prise en compte du coût global. Les matériaux retenus doivent être solides, pérennes, performants dans la durée et demander peu d’entretien, le bois répond parfaitement à l’ensemble de ces critères. Avec le bois, les chantiers sont rapides, propres, les nuisances sont limitées (peu de trafic de camions, de grues, pas de toupies béton, de pompes à béton…), un argument très important en zones urbaines et dans les sites habités. Enfin, la qualité architecturale apportée par le bois, aide à recomposer les relations au site, à l’espace public, aux bâtiments et aux logements. L’amélioration du cadre de vie est un facteur déterminant d’attractivité des quartiers et de leur positionnement dans la ville. Là encore, le bois, matériau naturel et chaleureux, apaise des architectures parfois brutales et trop minérales. L’époque où l’on cachait le bois est révolue. Les structures en bois se montrent, les bardages constitués de clins de bois sonnent le retour d’une architecture plus « naturelle ».

Le bois, vecteur fort de la transition énergétique 
Le bois accompagne avec brio la mise en place progressive de la transition énergétique. Dans un contexte de mesures qui visent à réduire les consommations énergétiques, les déchets et le gaspillage de façon plus globale, le bois s’inscrit en première ligne. Cela commence par la performance thermique du bois, qui contribue à réduire la facture énergétique globale. Le bois massif apporte un pouvoir isolant supérieur à la plupart des matériaux de construction, ce qui en fait un des systèmes constructifs les plus performants à épaisseur donnée. A titre d’exemple, une structure en bois massif de 35 cm d’épaisseur, sans isolant complémentaire, s’intègre sans difficulté dans un projet « RT2012 ». Les solutions à ossature bois, permettent, pour une épaisseur de mur donné, d’optimiser l’épaisseur d’isolant mis en œuvre. Le bois présente également des qualités reconnues de régulateur thermique. En hiver comme en été, il aide à stabiliser le degré d’hygrométrie du bâti… une somme de caractéristiques qui optimisent le confort intérieur, tout en favorisant les économies d’énergie. La transition énergétique passe aussi par l’usage de matériaux écologiques, renouvelables, et nécessitant peu d’énergie pour leur transformation. C’est le cas du bois, qui nécessite très peu d’énergie grise tout au long de son cycle de vie, qu’il s’agisse de la production, de la transformation, de la fabrication, du transport, de l’utilisation, de la maintenance et enfin du recyclage. Le bois possède également une forte capacité à stocker le CO2, et participe de ce fait à la réduction des gaz à effet de serre.

Retour aux articles