Bois et réchauffement climatique

La 21ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, se tient actuellement à Paris. L’enjeu est de taille, car il s’agit d’aboutir à un accord de fond, qui doit permettre d’influer durablement sur la plupart des politiques énergétiques de la planète. Contenir l’élévation des températures moyennes à 2°c, implique entre autres d’accélérer fortement la transition vers des sociétés économes en énergie, moins émettrices de carbone. Dans ce contexte, la filière forêt-bois française, qui compense à elle seule près de 20% des émissions nationales de CO2, a un rôle de première importance à jouer dans l’atténuation des effets du changement climatique.

Contexte et Perspectives


Filière bois/forêt : de sérieux atouts à faire valoir

Pour répondre à ses engagements, la France doit faire face à des enjeux importants. Il faut à la fois assurer la pérennité de la forêt française, optimiser les filières de transformation, mais aussi accélérer la promotion et l’utilisation du matériau bois sous toutes ses déclinaisons : bois de structure, menuiseries, planchers, parquets et aménagements intérieurs.

La Forêt et son évolution sont au centre de tous les débats. La fixation du CO2 et le stockage du carbone dans les forêts, le bois et les produits fabriqués à partir de bois, sont des vecteurs importants de la lutte contre le réchauffement climatique. A ce titre, ils sont reconnus d’intérêt général, par la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt. Tout en s’attachant à la conservation de la biodiversité, la production forestière présente également une capacité considérable de substitution aux énergies fossiles et aux matériaux issus de la chimie.

Au niveau du boisement, du reboisement et de la gestion durable des massifs forestiers, un pas est déjà franchi. Un partenariat est dorénavant opérationnel entre l’Etat et les professionnels de la filière, afin de labelliser des projets exemplaires en matière de bilan carbone, qui tiendront compte de l’ensemble des enjeux forestiers. De même, l’Etat soutient le développement de l’usage de la biomasse forestière pour la production d’énergies renouvelables, en mettant en place les moyens nécessaires pour respecter la hiérarchie et la priorité des différents usages : bois d’œuvre, bois d’industrie et bois énergie.

Le bois : Un atout de poids en construction neuve comme en rénovation 

On ne présente plus les atouts du bois dans la construction : renouvelable, léger, isolant et nécessitant peu d’énergie pour sa transformation… Au niveau de l’organisation des chantiers, c’est en fait une évolution en profondeur qu’amène la construction bois. L’acte de construire change, pour des chantiers plus rapides, plus propres, plus techniques, mais aussi plus valorisants  pour le personnel d’exécution.

En construction neuve, le bois apporte la rapidité de construction, des nuisances de chantier limitées, le confort thermique sans artifices complexes, des possibilités architecturales étendues. Les réalisations de trois à cinq niveaux en bois sont devenues courantes, les bureaux d’étude travaillent à concevoir des ouvrages beaucoup plus hauts comme en Europe du Nord, aux Etats Unis, au Canada…pour ne citer que quelques exemples.

En surélévation/extension, les structures bois sont plébiscitées, car elles  limitent les surcharges et évitent majoritairement les reprises en sous-œuvre. Elles réduisent également  les nuisances auprès des occupants du site, les modules étant pré-assemblés en atelier.

La construction bois présente un autre atout. Les entreprises interviennent parfois dans des parcelles étroites qui limitent les approvisionnements par camion. Les éléments d’ossature bois,  pour la plupart manuportables, contournent cette difficulté. L’intervention sur chantier se limite à leur mise en place, aux finitions et aux différents raccordements. Le temps passé sur le site est réduit. Les techniques de filière sèche favorisent également, par la suppression des délais de séchage, la réduction de la durée des chantiers.

Des emplois à tous les niveaux 

Ces évolutions se traduisent déjà par des effets positifs en termes d’emploi. En effet, ces attentes importantes sous-entendent des besoins croissants de formation à tous les niveaux de la filière.

Dans cette perspective, l’Etat et les collectivités locales sont déjà passés à la vitesse supérieure. Dans la continuité de plusieurs actions, dont le plan de mobilisation pour les emplois et les métiers dans l’économie verte, le ministère du travail affine un plan ambitieux et pragmatique, vis-à-vis de la formation et des transitions professionnelles liées à ces besoins.

A ce jour, une vingtaine de filières mettent progressivement en place des processus de reconversion et de formation de leurs salariés. Tous les cursus universitaires et professionnels sont concernés. Par exemple, la formation initiale des architectes et des urbanistes prend en compte les mouvements en cours et à venir, comme l’amélioration énergétique ou l’intégration de la nature en ville. Autre volet d’importance, les formations programmées vers les professionnels de la filière forêt-bois évoluent également en fonction de ces nouvelles donnes.

Des actions de sensibilisation, d’information et de formation sont également prévues auprès des chefs d’entreprise et des salariés, notamment de TPE-PME : actions pour l’emploi, déploiement de l’offre de formation professionnelle sur les enjeux énergétiques, climatiques et de biodiversité.

On notera enfin la mise en place de conditions favorables à une offre de service d’ingénierie, de conseil et de formation de qualité, accessible à tous les professionnels de la filière, et cela en tout point du territoire.

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