BOIS EN HAUTEUR : REGARD A L’INTERNATIONAL

Dans un rapport commandé par le Conseil canadien du bois et qu’il a cosigné en 2012, The Case for Tall Wood Buildings, l’architecte Michael Green incite les concepteurs et les entreprises à utiliser le bois en structure, pour les constructions en hauteur. Il démontre que construire en bois et en hauteur est une opportunité forte pour les années à venir. Ce serait même, selon lui, fortement souhaitable, étant donné les défis urbanistiques qui nous attendent. En 2050, rappelle-t-il, 70 % de la population vivra en ville selon les données de l’ONU, et trois milliards de personnes auront besoin de nouveaux logements dans les vingt prochaines années.

Dépasser la culture du béton et de l’acier

Pour réussir ce chantier, construire vite et à bas coût des habitations en milieu urbain dense, les constructeurs pensent souvent béton et acier. L’extraction des métaux et la fabrication de l’acier et du béton émettent du CO2, consomment beaucoup d’eau, produisent des déchets…

Autant de raisons qui placent de plus en plus le bois sur le devant de la scène de la construction. Pour atteindre de grandes hauteurs, Michael Green suggère de construire des immeubles de 30 étages en utilisant des panneaux de lamellé collé et des poutres en métal. « Le bois est un matériau incroyablement sûr », rajoute l’architecte,  « s’il n’est pas exposé à l’eau, au feu ou aux insectes », des paramètres qui peuvent être contrôlés avec une bonne enveloppe autour de la structure, du type de celles qui sont requises pour l’acier et le béton.

Pour lui, l’industrie du bâtiment a besoin de revoir ses façons de construire, depuis l’ossature des ouvrages jusqu’aux moindres détails de leur consommation énergétique. Michael Green pense qu’il est de la responsabilité des architectes et des ingénieurs de façonner l’environnement bâti, de façon à amoindrir ses impacts sur le plan climatique, ce que les progrès technologiques accomplis dans l’industrie du bois au cours des dernières années permettent de faire. Il martèle ce message sur toutes les tribunes, particulièrement au Canada, où le bois abonde.

Des arguments à plusieurs niveaux

L’architecte avance plusieurs arguments : « au rythme où le monde s’urbanise, notre lien avec l’environnement naturel s’effrite. Je reviens d’un séjour en Chine, où des villes de béton s’étendent à perte de vue. C’est lugubre. Par ailleurs, les matériaux naturels contribuent à nourrir le lien entre l’homme et la nature. Plus on les utilise en ville, mieux c’est.

J’avance aussi des arguments moins émotifs. Même dans les pays industrialisés comme le Canada, la construction se fait encore à l’ancienne : on se présente sur un site avec une pile de matériaux et on les assemble. Or, l’avenir est à la préfabrication. En Chine, par exemple, le besoin de rehausser la qualité des édifices est criant, et c’est par la construction en usine qu’ils y parviendront. Le bois est le matériau le plus adapté à cette approche, entre autres parce qu’il se coupe et se manie facilement.

Lorsque les forêts sont bien gérées, le bois est aussi un meilleur choix pour l’environnement. Surtout que les nouveaux produits sont faits à partir d’arbres âgés de 12 ou 15 ans plutôt que de vieux arbres, ce qui est plus écologique. Si on peut construire avec une matière renouvelable, qui pousse grâce au soleil, pourquoi continuer à utiliser des ressources extraites des entrailles de la Terre et transformées au moyen d’une quantité prodigieuse d’énergie, comme le béton et l’acier ? »

Sources : Ordre des architectes du Québec/ Corinne Fréchette-Lessard revue Esquisses/ Conférence TED de Michael Green, 2013.

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